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Alors que le secteur du bâtiment a connu une période creuse avec la crise économique de 2008, les signaux actuels indiquent un regain d’activité. La Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) a d’ailleurs prévu une croissance de 3% en volume en 2019. Soutenue par des projets importants comme le Grand Paris, par la rénovation énergétique des bâtiments, ou encore par la construction de programmes neufs, cette croissance oblige les entreprises du bâtiment à recruter. Si à première vue c'est une nouvelle réjouissante, certains acteurs accueillent ces changements avec plus de recul.

Les profils en tension et certains paramètres économiques défavorables inquiètent les entreprises. Ces dernières craignent de ne pas pouvoir faire face à la demande. Par conséquent, la main-d’œuvre devient un enjeu central.

Quelles sont les options envisageables pour recruter de la main-d’œuvre dans le bâtiment ? Pour répondre aux défis d’aujourd’hui, les entreprises doivent se tourner vers l’embauche, l’intérim, ou la sous-traitance. Elles doivent aussi parfois envisager de faire appel à des travailleurs détachés ou de se faire prêter de la main-d’œuvre.

L'embauche : une solution privilégiée, mais difficile à mettre en place dans les travaux publics


Les entreprises du secteur qui souhaitent développer leurs ressources humaines  privilégient généralement l’embauche. Elles voient dans cette option, bien que plus engageante et plus coûteuse, un moyen de pallier durablement la problématique. Interrogé à ce sujet, Guillaume Beghin, Directeur des Ressources Humaines du groupe Legendre, a confirmé le souhait de son entreprise d’embaucher en priorité en CDI.

Face à la problématique de main d’œuvre que nous rencontrons, notre volonté première est de recruter en CDI. Nous sommes prêts à nous engager et à prendre en charge la formation de nouveaux éléments. Malheureusement, les opportunités sont rares à cause des nombreux profils en tension 

Comme le groupe Legendre, de nombreuses entreprises ont du mal à recruter. Soel Kerimici, dirigeant de Klimasav, société de plomberie, cherche depuis plus de 2 ans un nouveau collaborateur.

Pourquoi est-il si difficile de recruter dans le bâtiment ?
 

Les tensions sur certains profils ne sont pas les seules difficultés auxquelles doivent faire face les entreprises. Comme le rappelle Guillaume Beghin, les travailleurs du secteur ne sont pas toujours favorables à l’embauche. Ils savent bien évidemment que leurs compétences sont très recherchées. Ils optent donc parfois pour des schémas alternatifs dans l’espoir de toucher des rémunérations plus attractives.

Les prétentions salariales des travailleurs ouverts à l’embauche créent aussi un vrai décalage entre les attentes des candidats et la réalité du terrain. Alors qu'il faut parfois que les entreprises consentent de lourds investissements pour que les nouveaux collaborateurs deviennent compétents, les candidats aspirent à être rémunérés comme les profils déjà expérimentés.

Les disparités géographiques ajoutent des contraintes. Il est toujours plus facile de recruter dans des zones dynamiques. Attirer des profils qualifiés dans des zones plus reculées constitue un défi pour tous les secteurs.

Comment recruter efficacement pour le BTP ?
 

Pour réussir à attirer les profils ciblés, les entreprises peuvent faire appel à des intervenants externes comme des cabinets de recrutement ou des chasseurs de têtes spécialisés dans le BTP comme BTP-RH ou PRAXION. Cette solution est certainement obligatoire pour certaines professions comme les plaquistes, les tuyauteurs, les carreleurs, les peintres ou encore les conducteurs d’engins de chantier. Les profils impliqués dans la transition énergétique des bâtiments et les métiers en lien avec le BIM (Building Information Modeling) sont également très recherchés par les maîtres d’œuvre et par les maîtres d’ouvrage.

En parallèle, les entreprises peuvent toujours essayer de recruter en imaginant un processus interne. Avant de traiter les demandes et d’intégrer le nouveau collaborateur, il faudra choisir les bons supports pour sourcer des candidats qualifiés. Des sites d’offres d’emploi comme ACTION-BTP, JOB-BTP et CARRIERE-BTP, spécialistes du bâtiment, permettent d’accroître la visibilité d’une entité auprès de profils intéressants.

Guillaume Beghin, DRH du groupe Legendre, a également reconnu explorer d’autres pistes pour trouver des candidats. Parmi ces dernières, le directeur des ressources humaines privilégie les rencontres avec les élèves des écoles spécialisées, et les actions conjointes avec Pole Emploi.

L’intérim : une solution de préembauche ?

Dans certains cas, les entreprises doivent trouver de la main-d’œuvre rapidement. N’ayant pas le temps de recruter en interne, elles cherchent des solutions pour répondre à un besoin immédiat. Si comme le rappelle Guillaume Beghin, l’intérim requiert une dépense d’énergie conséquente pour les entreprises, elle s’impose comme l’option privilégiée dans certaines situations. Sa flexibilité est aussi un atout dans un secteur où les entreprises sont tributaires de la conjoncture. Au-delà de ce point, l’intérim sert parfois à recruter en CDI.

Certaines entreprises voient dans l’intérim le moyen de sourcer des profils intéressants. Vu comme une préembauche, l’intérim permet aux entreprises de tester des candidats sans s’engager durablement. Dans le cas où un profil est compétent, il ne restera plus qu’à le convaincre de rejoindre l’entreprise et de négocier des conditions financières acceptables.

La sous-traitance : une solution rapide à mettre en place pour les entreprises du secteur BTP


La sous-traitance, tout comme le contrat de prestation de service, est choisie pour augmenter rapidement la capacité de production. Si dans l’ensemble tous les secteurs d’activité ont recours à cette option, le secteur de la construction est parmi ceux qui sous-traitent le plus, proportionnellement à la production. Ainsi, 76% des entreprises du secteur BTP utilisent la sous-traitance, alors qu’en général, 61% des entreprises y ont recours.

Les avantages de la sous-traitance dans les travaux publics
 

En confiant une partie de l'exécution d'un contrat à une autre entité, une entreprise va absorber une surcharge de travail temporaire sans s'engager durablement. Lorsqu’une entreprise recherche des compétences spécifiques, elle aura aussi tendance à se tourner vers la sous-traitance. Comme le rappelle Monsieur Beghin, « la sous-traitance n’est pas utilisée comme un levier de développement. C’est plutôt un moyen de répondre à un besoin précis. » Dans le secteur du bâtiment, les entreprises se tournent vers la sous-traitance pour des missions dans la transition énergétique des bâtiments, les réseaux d’eau, ou encore dans les fluides.

Les étapes à respecter pour que cette solution soit efficace
 

Les décideurs le savent : la sélection des sous-traitants requiert beaucoup de rigueur et d’énergie.

Les entreprises doivent notamment s’assurer que leurs interlocuteurs ont souscrit certaines assurances. La Responsabilité Civile Professionnelle est obligatoire pour certaines professions et fortement conseillée pour les autres. Les décideurs doivent aussi étudier la solvabilité de leurs futurs sous-traitants. Dans certains cas, ils chercheront également à sourcer de nouvelles entreprises.

Les contrats de sous-traitance dans le BTP présentent des particularités. Ils sont très encadrés. Ces actes juridiques doivent fixer notamment, les tarifs, les modalités de paiement et de livraison. Il faut aussi établir un calendrier prévisionnel des avancées des travaux durant la phase préparatoire, ou encore aviser chaque retard par LRAR. Sinon, il est impossible de revenir sur le prix convenu et toutes les modifications possibles doivent faire l’objet d’un avenant au contrat.

L’entreprise qui sous-traite conserve de grandes responsabilités. En effet, les sous-traitants n’ont par exemple pas l’obligation de souscrire une assurance décennale. Ils sont couverts par l’entreprise qui a fait appel à eux. Si des dommages sont causés par des sous-traitants c’est donc souvent au donneur d’ordre de répondre de ces actes.

Les pièges à éviter avec la sous-traitance dans le bâtiment
 

Avec la sous-traitance, l'entreprise n'a pas d’autorité sur les travailleurs. Ainsi, il n'est pas possible de soumettre ces derniers à des horaires précis ou de leur imposer certains moyens. Si les entreprises ne respectent pas ces contraintes, elles risquent d'assister à une re-qualification du contrat de travail ou du prêt de main-d’œuvre.

Les entreprises qui sous-traitent doivent aussi rester attentives aux actions mises en place pour se prémunir contre les risques liés à la santé et à la sécurité au travail (SST). Il faut annexer au contrat les documents imposés et renouveler ces derniers au cours de l’exécution du contrat.

Lorsqu'une entreprise sous-traite, il faut qu'elle s'assure que son interlocuteur s'acquitte de ses obligations à l'égard de l'URSSAF. Cet impératif concerne tous les contrats d'un montant supérieur à 5000 euros hors taxe. La vérification doit intervenir au moment de la signature du contrat et tous les 6 mois jusqu'à la fin de la prestation. Pour contrôler son sous-traitant, il faut demander une attestation de vigilance délivrée par l'URSSAF. Le non-respect de cette obligation entrainerait une solidarité dans le règlement des impôts, des taxes, des cotisations de Sécurité Sociale, des rémunérations et des autres charges.

La solution des travailleurs détachés dans le BTP
 

Au cœur d'un débat politique en France, la question des travailleurs détachés est souvent étudiée par les entreprises qui recherchent de la main-d’œuvre.

Le statut de travailleur détaché et les avantages
 

Défini par une directive du 16 décembre 1996, le statut de travailleur détaché correspond à la situation dans laquelle un employé d'une entreprise européenne est envoyé exercer, de manière temporaire, son métier dans un autre État membre.

Même si cela permet parfois de réaliser des économies, les entreprises ne choisissent pas toujours cette option pour ces conditions. Comme en témoigne Sébastien Baillot, responsable de l’institut des métiers du sanitaire et du génie climatique au sein de "Les Compagnons du Devoir", certaines entreprises ont l’obligation d’adopter cette solution : « Parfois, c'est le seul moyen de trouver de la main-d’œuvre qualifiée. Le flux de jeunes formés en France n’est pas suffisant, il faut donc aller chercher de la main-d’œuvre ailleurs. »

Guillaume Beghin a lui aussi tenu à rappeler que l’option des travailleurs détachés était parfois la seule possible.

Les entreprises qui choisissent de faire appel à des travailleurs détachés sont parfois contraintes de le faire. Il n’y a pas de volonté de faire du dumping social. L'objectif est bien de trouver un moyen de répondre à une demande.

Les conditions à respecter pour le secteur des travaux-publics
 

Pour garantir une concurrence équitable, les pouvoirs publics ont revu les conditions à respecter pour bénéficier de ce statut. L'ordonnance n° 2019-116 du 20 février 2019 fixe de nouvelles règles pour les entreprises d'accueil et d'origine. Par exemple, l'entreprise d'accueil doit demander, avant chaque détachement, une copie de la déclaration de détachement, le document stipulant le représentant du travailleur détaché en France, ou encore le formulaire d'affiliation à la sécurité sociale du salarié détaché.

Tout au long du chantier, les entreprises d’accueil doivent vérifier que les conditions d’hébergement sont bonnes. Elles doivent aussi s’assurer que le travailleur bénéficie des mêmes règles de sécurité. Chaque travailleur doit avoir ses propres EPI (Équipements de Protection Individuelle). Il doit être au courant de toutes les informations relatives à la sécurité du chantier.

Le non-respect des obligations entraine des amendes ou même la suspension d'une prestation de service.

Quel bilan tirer ?
 

Depuis la reprise de l’activité, le secteur de la construction doit faire face à des problématiques de main-d’œuvre. En plus des entreprises, certains acteurs doivent agir en amont pour résoudre définitivement les difficultés.

Pour Guillaume Beghin, l’éducation nationale a un rôle à jouer. Mais, il faut également que « les entreprises et les fédérations continuent de se rendre disponibles auprès des jeunes pour promouvoir nos métiers. »

Sébastien Baillot insiste sur le fait que c’est aussi aux pouvoirs publics d'impulser les changements :

Il y a un problème d'attractivité pour de nombreux métiers à cause de l'image qu'ils renvoient. Il faut donc changer la communication autour de ces métiers pour modifier la perception du secteur. J’aimerais d’ailleurs que la filière plomberie se transforme en filière « Fluides & Énergies », un nom bien plus en adéquation avec les missions du quotidien.

Il semblerait que le secteur des travaux publics commence à se réformer puisque les intitulés de nombreux diplômes viennent d’être modifiés. Dans la continuité, les nouvelles réglementations, l’apparition de nouveaux métiers comme « ventiliste », et les avancées technologiques qui réduisent la pénibilité au travail pourraient rendre le secteur du bâtiment de nouveau attractif prochainement.

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